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Singularité d'une oeuvre

 

Ayant donné à ses clients la photo qu’ils étaient venus chercher, et quelquefois même le négatif, Oumar Ly a gardé très peu de ses tirages. Par contre, il a rassemblé ses négatifs dans des boîtes, laissant  les films enroulés, exposés à la chaleur ou à la poussière.


La multitude et la diversité de ses clichés permettent toutefois de classifier son travail en 3 grands ensembles :


  1. les photos réalisées en studio
  2. les instantanés en extérieur
  3. les reportages
 
     
     

1- Les photos réalisées en studio

 

Elles constituent la majorité de son fonds.

 

1-1 les photos d’identité


Bien avant l’heure, Oumar invente les photos d’identité par 3. Au lieu de prendre un seul visage par clichés, il place 3 individus sur le même plan et prend sa photo. Au tirage, il obtiendra 3 portraits qu’il multipliera autant que nécessaire.

 


1-2 les portraits individuels


Du simple portrait d’une vieille dame assise à même la natte au sol, à la pose d’une jeune fille exhibant avec fierté et un zeste de provocation sa mini-jupe et ses lunettes de soleil, chaque photo raconte une histoire…


Cet ensemble relate la vie d’une communauté rurale, décrit ses gens simples ou vénérés, de tous âges, qui découvrent l’image photographique, exprimant leur désir de « se montrer » pour fixer cet instant.


On allait chez le photographe vivre un rituel : Le photographe officiait, préparait la cérémonie, plaçait le décor, ajoutait les accessoires qui marquaient le statut de la personne photographiée. Chacun était affublé de ses marques distinctives : le vêtement, les chaussures, les lunettes de soleil, arborant un poste radio, un sac de dame, un chapelet…

 

 

1-3 les portraits de groupe


Ce peut être deux amis, une équipe de foot-ball, une bande de copains,  les membres d’une même famille, ou simplement un couple avec ou sans leurs enfants.
La pose est tant ôt réglée par le photographe, tantôt choisie par les figurants. Certaines femmes, mauresques en particulier, préfèrent adopter une attitude habituelle chez elles, allongées sur une natte.

 

 

 

2- Les instantanés en extérieur

 

Le photographe capte des scènes de la vie villageoise, des rassemblements festifs, décrit les petits commerces. Leur diversité, l’approche des générations anciennes comme celles des plus jeunes rendent compte des mutations socio-économiques et culturelles de la société de Podor.

 

 

 

3- Les reportages

 

Ils portent sur la visite d’une personnalité politique ou religieuse, sur une activité ludique, sportive ou culturelle, sur une inauguration (pont, monument, bâtiment).

 

 

 

Oumar Ly nous laisse aujourd’hui une peinture de la société de Podor. Des années 60  à nos jours, il enregistre, fixe, réalise sans le vouloir à priori  le portrait de tous les habitants, léguant une somme d’archives visuelles uniques  sur la population de ces quarante années. Il dépeint les attitudes, les modes vestimentaires, de la tenue la plus traditionnelle aux vêtements « modernes » adoptés par les jeunes générations, les objets de prestige. De ce point de vue, la qualité de son travail est une source précieuse d’informations sur l’évolution du vêtement, de la parure, des sociétés de la vallée du fleuve Sénégal (Halpular, Maures, Soninké ) et donne à son œuvre une valeur historique et anthropologique.

 

Son style, ses influences


Installé à Podor, Oumar Ly a peu voyagé. Ne lisant pas, il n’a pas eu accès à des ouvrages traitant de photographie et, hormis les photographes ambulants de passage, n’a guère eu de contacts avec des professionnels avérés.


C’est une donnée fondamentale pour évaluer la qualité de sa technique et le résultat de ses clichés. Il travaille, cherche, expérimente et apprécie lui-même le résultat sans se référer à des « maîtres » ou des inspirateurs.


Sa pratique, en particulier celle du 6x6, avec un objectif à une focale, décrit un mode de prise de vue assez uniforme : plan général, pied situé à une distance du sujet d’environ 3 mètres. Le pied ne bouge pas, le photographe non plus.
L’éclairage lui-même est assez répétitif. Située en face du plateau, latéralement à droite et à gauche, la lumière éclaire bien le sujet. Pas d’effets de contre-jour, peu de clair-obscur.


Au tirage, il aborde l’agrandissement et le recadrage, timidement, sans effet systématique. Il n’en sent pas la nécessité.
Au fil de sa carrière, il bénéficie des conseils du directeur de Photo-ciné Sénégal à Dakar, M. Boquet et de divers techniciens. Depuis longtemps il s’est attaché à initier de plus jeunes ; en octobre 2008, il est entouré de 8 apprentis auxquels il transmet tout son savoir.

 

Matériel


De 1963 à 1972, il utilise un appareil Rolleiflex 6x6.
Il pratique un temps, en 1970, le « Johnny-Johnny ». C’était le système (sténopée constitué d’une caisse noire en bois sur pied) apporté et pratiqué par 2 photographes ghanéens de passage qu’il fera reproduire à son usage pour tirer plus vite les photos d’identité.


Ensuite, vers les années 80, il utilise tour à tour un appareil 24x36  Canon, et Minolta.
Au laboratoire, il dispose à ses débuts d’un agrandisseur Erlek puis de marque russe.
Sur son plateau, il s’éclaire avec 2 projecteurs et un projecteur d’ambiance.

 

Texte écrit par Jean Claude Thoret, basé sur les informations communiquées oralement par le photographe.
Crédits photographiques : JC Thoret - Tous droits réservés
Pour toute information : contact@oumar-ly.com